La « petite histoire » d’un nom.

 

Il était une fois, au coin du feu, un repas gourmand, arrosé juste ce qu’il faut. C’était en juillet 1993. Le but était de chercher un nom à l’association naissante.

 

 

Entrées, plats, fromages, trou normand ( bien sûr ! ), et l’accord ne se fait pas. L’hôte des lieux refuse de servir le dessert avant qu’un nom ne soit trouvé. Une main se tend. Un livre se prend. C’est Ulysse de James Joyce.

 

 

Le livre s’ouvre au hasard, un doigt pointe un mot.

 

Ce sera « Trottoirs Mouillés ». Heureux, les gourmands peuvent enfin reprendre leur activité. Depuis lors, le Jazz du bocage a un nom !

Une musique savante à l’insu de son plein gré ?

 

 

Le verbe « savoir », dont le participe présent fut « savant, savante », vient du latin «sapēre» avec le sens d’avoir du goût, de la saveur ou bien encore d’exhaler une odeur. De «sentir par le sens du goût» le mot évolue vers « avoir du discernement, de l’intelligence, du jugement».

 

Le Jazz est musique savante en ce sens : il a du goût, de la saveur revigorante. Le Jazz enrichit ceux qui l’écoutent, ceux qui l’entendent. Il éveille l’intelligence.

 

Le Jazz est tout ce que l’on veut, sauf « insipide » ( même étymologie et signifie «fade, sans goût, sans agrément» ). La musique que l’on aime, à Trottoirs Mouillés, est donc savante. Et ce n’est pas à «l’insu» de notre plein gré (même étymologie, mais qui fait cette fois appel à la conscience).